L'otan prépare à consacrer jusqu'à 5% de son pib à la défense en 2035

L'alliance militaire de l'OTAN se prépare à doubler sa dépense en matière de sécurité pour répondre à un environnement de plus en plus hostile. Selon le dernier rapport annuel de l'Organisation, les pays membres se sont engagés à consacrer jusqu'à 5% de leur produit intérieur brut (PIB) à la défense d'ici 2035, avec une priorité particulière pour les capacités militaires qui représentent 3,5% du PIB.

L'otan consacre 20% plus en 2025 que l'année précédente

En 2025, les pays européens et le Canada ont injecté 574 milliards de dollars de dollars dans leur budget de défense, ce qui représente une augmentation de 20% en termes réels par rapport à l'année précédente et plus de deux fois le montant alloué en 2014. Cependant, derrière ces chiffres macroéconomiques et les déploiements stratégiques, existe une réalité plus prosaïque mais déterminante pour l'opérationnalité de l'Alliance.

Une étude de la structure salariale de l'OTAN révèle en effet une fragmentation du revenu du capital humain qui met en évidence les profondes disparités économiques entre les pays membres. Le salaire de base des militaires varie de 3 345 euros mensuels à plus de 29 000 euros, selon la position.

Les pays de l

Les pays de l'est et du sud de l'europe se situent dans la moitié inférieure de la scala salariale

En Espagne, pour exemple, un officier ou un technicien de haut rang (niveau G24) perçoit un salaire mensuel de 13 007,15 euros, ce qui est supérieur au niveau grec de 11 973,51 euros, mais nettement inférieur aux 15 581,81 euros perçus par un homologue en Allemagne ou aux 18 070,54 dollars (env. 16 600 euros) aux États-Unis. Cette écarts se maintient à tous les niveaux de l'échelle.

Un officier de grade moyen (G10) en Espagne gagne 5 207,63 euros, tandis qu'en Allemagne il gagne 6 238,62 euros et aux Pays-Bas 6 170,95 euros. Ces différences ne sont pas uniquement une question de prestige, mais de capacité de retenue du talent dans un marché du travail militaire de plus en plus concurrentiel.

Les études comparatives européennes montrent le même schéma : les pays qui investissent le plus (États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne ou les pays scandinaves) tendent à situer leurs salaires moyens plus près des tranches intermédiaires-élites de cette échelle, tandis que les pays du sud et de l'est de l'Europe se rapprochent plus des tranches basses et moyennes.

En prenant en compte le pouvoir d'achat, le tableau change significativement. Les pays avec des salaires nominaux élevés, comme les scandinaves, perdent de la place en raison du coût de la vie élevé, tandis que d'autres avec des salaires plus bas, comme l'Espagne, améliorent leur position relative.

Le rapport de 2025 souligne que la priorité des alliés a été la modernisation du matériel. Le coût des acquisitions et de la construction militaire a cru exponémentiellement pour faire face à l'instabilité en Ucraine et aux tensions dans le Pacifique indien. Cependant, le chapitre du « Personnel », qui inclut les salaires et les pensions, se heurte à une pression inflationniste qui menace de précariser la vie castrense dans les pays dont les économies sont plus tendues.

En Espagne, le engagement de parvenir à 2% du PIB pour le gasto militaire en 2029 a priorisé l'achat de programmes spéciaux d'armement. Dans les dernières années, notre pays a allégé la part destinée aux rétributions. Si en 2016, le pourcentage du budget de la défense consacré au personnel représentait plus de 72%, en 2025, les estimations de l'OTAN ne dépassent pas 28%.

L'accroissement du gasto en défense n'est pas directement traduit en augmentations salariales. Le rapport de l'Alliance laisse clairement entendre que la grande majorité de l'augmentation budgétaire se destine aux capacités militaires, à la modernisation et à l'innovation technologique, pas aux rétributions. Cependant, la propre Alliance reconnaît que sa fonctionnalité dépend du personnel.