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Crise chez dish : les constructeurs de tours menacent de voir leurs revenus s'effondrer

Une bataille financière éclate dans le secteur des infrastructures sans fil. Le géant du télécommunications Dish Network a mis en pause la construction de nouveaux sites cellulaires fin 2024 et en 2025 afin de conserver des liquidités, mais cette stratégie a des conséquences désastreuses pour les entreprises qui fournissent les tours.

Un déséquilibre budgétaire qui pourrait coûter 7 à 10 milliards de dollars

American Tower, Crown Castle et SBA Communications, des sociétés cotées en bourse, ont intenté des procès à Dish pour défaut de paiement. Crown Castle, par exemple, réclame 3,5 milliards de dollars. Le cœur du problème réside dans le fait que Dish ne paie pas les loyers pour certains sites cellulaires, malgré des contrats à long terme. La société a invoqué la force majeure, arguant que l'enquête de la FCC sur ses acquisitions de spectre et le démantèlement de son réseau 5G indépendant l'empêchaient de remplir ses obligations contractuelles. Une justification contestée par l'association des infrastructures sans fil (WIA).

La WIA insiste sur le fait que la force majeure est un prétexte. « Il faut garantir que Dish se fournisse les fonds nécessaires pour honorer ses engagements. Ce n’est pas un cas de force majeure, c’est une manœuvre purement financière », affirme Patrick Halley, PDG de la WIA. Les ventes de spectre de 40 milliards de dollars réalisées par EchoStar, la société mère de Dish, auprès d'AT&T et de SpaceX, notamment, ont exacerbé la situation. Ces accords, conclus entre août et septembre dernier, ont été suivis de la déclaration de force majeure par EchoStar.

Si la FCC approuve ces ventes de spectre sans exiger la mise en place d'un fonds de garantie, les loyers des tours pourraient augmenter de 5,7 % à 10,7 %. Cette hausse des coûts se répercuterait sur les opérateurs et, par conséquent, sur les consommateurs. Le Brattle Group, mandaté par la WIA, estime que les fournisseurs d'infrastructures sont dus entre 7 et 10 milliards de dollars. Il est clair que le système, basé sur des contrats à long terme, est gravement menacé par ce comportement.

Le président de la FCC, Brendan Carr, avait déjà pris des mesures contre EchoStar. Une solution potentielle serait l'instauration d'un fonds de garantie, financé par les ventes de spectre, pour protéger les fournisseurs de tours. Mais la question demeure : Dish utilisera-t-elle ces fonds pour rembourser ses dettes ou pour renforcer sa propre trésorerie ? La réponse déterminera l'avenir de l'ensemble de l'écosystème des infrastructures sans fil.